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Musique classique et opéra par Classissima

Roberto Alagna

mercredi 29 juin 2016


Classiquenews.com - Articles

21 juin

Compte rendu, opéra. Opéra National du Rhin, Strasbourg, le 17 juin 2016. Verdi : Don Carlo. Robert Carsen

Classiquenews.com - ArticlesCompte rendu DON CARLO à STRASBOURG… Fin de saison flamboyante à Strasbourg. La saison lyrique s’achève à Strasbourg avec une nouvelle production de Don Carlo de Verdi, signée Robert Carsen. L’Opéra National du Rhin engage pour l’occasion la fabuleuse soprano et étoile montante, Elza van den Heever dans le rôle d’Elisabeth de Valois. L’excellente distribution d’une qualité rare ainsi que l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg sont dirigés magistralement par le chef italien invité Daniele Callegari. Une fin de saison bien plus qu’heureuse … étonnante même, pour plusieurs raisons ! La nouvelle production de Don Carlo à Strasbourg remporte tous les suffrages : c’est un succès manifeste Don Carlo chic et choc Don Carlos, créé à Paris en 1867, (chanté en français) est l’un des opéras de Verdi qui totalise le plus de versions existantes, sans omettre faits divers et controverses. Au fait des dernières recherches sur la genèse de l’œuvre, le Directeur de l’Opéra National du Rhin, Marc Clémeur, précise selon les dernières recherches, que le livret de Méry et Du Locle d’après le poème tragique éponyme de Schiller (1787), n’est pas la seule source de Verdi ; la partition emprunte aussi au drame de circonstance d’Eugène Cormon intitulé Philippe II Roi d’Espagne datant de 1846. Ensuite, le fait qu’il s’agît bien d’un Grand Opéra français de la plume d’un grand compositeur italien attise souvent les passions des mélomanes, décriant souvent une quelconque influence d’un Wagner et d’un Meyerbeer. Bien qu’il soit bel et bien un Grand Opéra, c’est aussi du Verdi, indéniablement du Verdi. Et si la version présentée ce soir à Strasbourg est la version italienne dite « Milanaise » de 1884, en 4 actes, sans ballet, plus concise et courte que la version française d’origine, elle demeure un Grand Opéra italianisé, avec une progression ascendante de numéros privilégiant les ensembles, un coloris orchestral riche en effets spectaculaires, des scènes fastueuses ne servant pas toujours à la dramaturgie, mais ajoutant à l’aura et au decorum… L’aspect le moins controversé serait donc la question de l’historicité : Verdi dit dans une lettre à son éditeur italien Giulio Ricordi « Dans ce drame, aussi brillante en soit la forme et aussi noble en soient les idées, tout est faux (…) il n’y a dans ce drame rien de véritablement historique ». Plus soucieux de véracité poétique qu’historique, Verdi se sert quand même de ce drame si faux pour montrer explicitement ses inclinaisons bien réelles. On pourrait dire qu’il s’agît ici du seul opéra de Verdi où la vie politique est ouvertement abordée et discutée de façon sérieuse et adulte. Le sérieux qui imprègne l’opus se voit tout à fait honoré ce soir grâce à l’incroyable direction musicale du chef italien Daniele Callegari dirigeant l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg avec maestria et une sophistication et un raffinement des plus rares ! S’agissant d’un des opéras de Verdi où l’écriture orchestrale est bien plus qu’un simple accompagnant des voix, saisissent directement ici la complicité étonnante entre fosse et scène, l’excellente interprétation des instrumentistes, le sens de l’équilibre jamais compromis, la tension permanente et palpitante de la performance et surtout les prestations des chanteurs-acteurs de la distribution. La soprano Elza van den Heever reprend le rôle d’Elisabeth de Valois après l’avoir interprété à Bordeaux la saison précédente. Si à Bordeaux nous avions remarqué ses qualités, c’est à Strasbourg que nous la voyons déployer davantage ses dons musicaux et théâtraux ! Sa voix large et somptueuse a gagné en flexibilité, tout en restant délicieusement dramatique. Elle campe une performance encore plus profonde avec une superbe maîtrise des registres et une intelligence musicale lui permettant d’adapter brillamment l’intensité de son chant, de nuancer la force de son expression. Le Don Carlo du jeune ténor italien Andrea Carè est prometteur. Bien que moins fort dans l’expression lyrique, il a une voix chaleureuse qui sied bien au personnage et une technique assez solide. Certains lui rapprocheront ne pas être un Domingo ou un Alagna (selon les goûts), pourtant il s’est donné à fond dans un rôle où la difficulté ne réside pas, malgré le type de voix plutôt léger, dans la virtuosité vocale mais dans le style et l’expression globale. Dans ce sens nous ne pouvons que louer l’effort, et remarquer particulièrement le timbre qui se distingue toujours dans les ensembles. Tassis Christoyannis en Posa montre aussi une évolution par rapport à Bordeaux l’année passée. Toujours détenteur des qualités qui lui sont propres, comme la prestance et un je ne sais quoi d’extrêmement touchant, à Strasbourg, il est davantage malin et à la chaleur du timbre, le baryton ajoute du brio presque autoritaire. Le tout présenté d’une façon élégante et dynamique à souhait. Remarquons le duo de la liberté avec Don Carlo, au 1er acte tout héroïco-romantique sans être frivolement pyrotechnique. Quant à la virtuosité vocale et aux feux d’artifices vocalisants, parlons maintenant de la mezzo russe Elena Zhidkova dans le rôle de la Princesse Eboli. Tout en ayant un timbre velouté et une belle présence scénique, elle a dû mal avec son air du 1er acte « Nel giardin del bello saracin Ostello », – pourtant LE morceaux le plus mélodique et virtuose de la partition ! Il est en l’occurrence plutôt … mou. Ce petit bémol reste vétille puisque la distribution est globalement très remarquable. Continuons avec le Roi Philippe II de la basse danoise Stephen Milling, à la voix large et profonde, campant au 3ème acte une scène qui doit faire partie des meilleures et des plus mémorables pages jamais écrites par Verdi : « Ella giammai m’mamo » , grand aria avec violoncelle obbligato, où la douleur contenue du souverain est exprimée magistralement. Ou encore son duo avec le Grand Inquisiteur de la basse croate Ante Jerkunica, dont nous avons également fortement apprécié la prestation et vocale et théâtrale. Remarquons finalement l’instrument et la présence de la jeune soprano espagnole Rocio Perez, chantant Thibault le page de la Reine, avec des aigus célestes, … divins. Divine aussi la performance surprenante des choeurs de l’Opéra, sous la direction de Sandrine Abello. L’ART DE ROBERT CARSEN. Que dire enfin de la création de celui qui doit être le metteur en scène d’opéras actuellement le plus célèbre et le plus sollicité ? Robert Carsen et son équipe artistique présentent un spectacle sobre et sombre, dans un lieu unique dépouillé, à la palette chromatique consistant en noir sur gris sur noir, et quelques éclats des accessoires métalliques ou diamantés… Si l’intention de faire une mise en scène hors du temps est bien évidente, il y a quand même une grande quantité d’éléments classiques qui font référence au sujet… Des religieux catholiques bien catholiquement habillés, des croix par ci et par là, mais jamais rien de gratuit (sauf peut-être un ordinateur portable à peine remarquable mais qui frappe l’oeil puisque quelque peu déplacé). Comme d’habitude chez Carsen le beau, le respect de l’oeuvre et l’intelligence priment. Cette dernière à un tel point que le Canadien réussi à prendre une liberté audacieuse avec l’histoire originale qui dévoile davantage les profondeurs de l’œuvre. Déjà riche en intrigues, le Don Carlo de Verdi selon Carsen explore une lecture supplémentaire dont nous préférons ne pas donner les détails, tellement la surprise est forte et la vision, juste ! Rien ne résiste à l’appel de ce Don Carlo de toute beauté, aucun obstacle pour nos lecteurs de faire le déplacement à l’Opéra National du Rhin, à Strasbourg et à Mulhouse, pour cette formidable nouvelle production qui clôt l’avant-dernière saison de la maison sous la direction visionnaire de Marc Clémeur. A l’affiche à Strasbourg du 17 au 28 juin et puis à Mulhouse du 8 au 10 juillet 2016. Compte rendu, opéra. Opéra National du Rhin, Strasbourg, le 17 juin 2016. Verdi : Don Carlo (version Milanaise 1884). Stephen Milling, Andrea Caré, Elza van den Heever, Tassis Christoyannis… Choeurs de l’Opéra du Rhin. Sandrine Abello, direction. Orchestre Philharmonique de Strasbourg, orchestre. Daniele Callegari, direction. Robert Carsen, mise en scène. LIRE notre présentation annonce de la nouvelle production de Don Carlo à l’Opéra national du Rhin : “Elza van den Heever chante ELisabetta…” Illustrations : K. Beck / Opéra national du Rhin © 2016

Le blog d'Olivier Bellamy

9 juin

Farid Bensaïd, orchestre royal

Au pays des riads enchanteurs, il n’y a pas seulement des plages et le soleil. Violoniste et homme d’affaires, Farid Bensaïd y a fondé l’Orchestre philharmonique du Maroc. Et il joue dans cette phalange pleine d’avenir. Voici son programme : - Brahms, Concerto pour violon, “Finale”, J.Jansen - Mahler, Symphonie n°2 “Résurrection”, 1er mvt, Staatskapelle Dresde, dir. B.Haitink - Verdi, Requiem, “Dies Irae”, Choeur & Orchestre Symphonique de Chicago dirigé par G.Solti - Verdi, La Traviata, “O mio rimorso”, par Roberto Alagna sous la direction de R.Mutti Les 3 Madeleines : - Schubert, Symphonie n°8 “Inachevée”, 1er mvt - Rachmaninov, Concerto pour piano n°2, 2ème mvt, L.O. Andsnes - Franck, Sonate pour violon et piano, 1er mvt, par R.Capuçon et K.Buniatishvilli




Carnets sur sol

25 mars

Indiscrétions

Le réseau lutinant bruisse de nouvelles. En attendant la prochaine notule (des Passions bachiques bachéennes, de Beaumarchais-Salieri, de Don César de Bazan, du carnet d'écoutes discographique, du panorama de couverture vocale, qui sortira le premier ?), voici quelques annonces, estimé lecteur, qui retiendront peut-être votre attention quelques instants. À la Philharmonie et dans quelques autres lieux. BAROQUE ¶ Messe à huit chœurs de Benevoli par Niquet. ¶ (Une des) Brockes-Passion de Telemann. ¶ Rodelinda de Haendel (TCE). CLASSICISME ¶ Armide de Gluck par Minkowski (Arquez, Barbeyrac). ¶ Il Matrimono segreto de Cimarosa (CNSM). ROMANTISME ¶ Fidelio par l'Orchestre de Chambre de Paris avec mise en scène. ¶ Il Signor Bruschino de Rossini (TCE). ¶ Ermione de Rossini (TCE). ¶ Le Comte Ory de Rossini avec Julie Fuchs. (Favart) ¶ Norma sur instruments d'époque avec Bartoli (TCE). ¶ La Reine de Chypre d'Halévy (TCE), avec Bru Zane. Pour l'avoir lue au piano il y a quelques années, pas l'œuvre du siècle, mais l'intrigue est plutôt animée et les ensembles agréables. Du Halévy, en somme ; ni plus, ni moins. ¶ Elias de Mendelssohn par Pichon (avec le chœur Pygmalion, ce sera une tuerie). ¶ Des Scènes de Faust de Schumann qui promettent de figurer parmi les meilleures jamais données (Gerhaher, Selig, Chœur de l'Orchestre de Paris, Harding !). ¶ Le Paradis et la Péri de Schumann par Harding (avec Karg, Royal, Staples, Goerne !). ¶ Œuvres d'après Ossian de Niels Gade par Équilbey et Rouen – très rare et intriguant, mais la musique danoise de cette époque, et Gade en particulier, n'est pas forcément la plus passionnante du legs scandinave. ¶ Simone Boccanegra avec Radvanovsky et Tézier (TCE). ¶ La Nonne sanglante de Gounod, bijou qui n'est servi que dans un français approximatif au disque, depuis peu (CPO). (Favart) ¶ Deutsches Requiem de Brahms par Dohnányi et le Chœur de l'Orchestre de Paris (Karg, Nagy). ¶ Hamlet de Thomas, avec Devieilhe et Degout. (Favart) ¶ Offenbach, Fantasio. De l'Offenbach sérieux. Pas l'œuvre du siècle, mais plutôt bien faite dans l'ensemble, on doit passer un bon moment si le visuel est à la hauteur. ¶ Les Pêcheurs de Perles avec Fuchs, Dubois, Sempey. ¶ Carmen avec Lemieux et Spyres (profil inhabituel et très adéquat, très curieux de l'entendre, même si je ne tenterai vraisemblablement pas Carmen dans un théâtre onéreux à mauvaise visibilité saturé des glottophiles les plus purulents de la ville !). ROMANTISME TARDIF ¶ Tchaïkovski, La Pucelle d'Orléans par Sokhiev et le Bolshoï ! ¶ Intégrale Bruckner (couplage concertos de Mozart) par Barenboim et la Staatskapelle Belin (Philharmonie). Et la Quatrième par Inbal et le Philharmonique de Radio-France ! ¶ Andrea Chénier avec Harteros et Kaufmann (TCE). ¶ Plein de Mahler, dont une Dixième complète (Cooke n°?) par Harding (la Deuxième aussi, intéressante pour le chœur !), et la Sixième par le LSO et Rattle. ¶ Saint-Saëns, Le Timbre d'argent, une rareté considérable ! (Favart) ¶ À nouveau Aladdin de Nielsen, cette fois par le Capitole de Toulouse et Sokhiev. PREMIER VINGTIÈME ¶ Pelléas avec Langrée, Petibon, Bou (TCE). ¶ Le Faune, Jeux et le Sacre (du Printemps) par Les Siècles et dans les chorégraphies d'origine ! ¶ Musique de chambre futuriste russe à l'amphithéâtre de la Cité de la Musique. ¶ Uirapurú, le chef-d'œuvre de Villa-Lobos – quelque chose d'un équivalent au Sacre du Printemps avec de la douceur debussyste brésilienne. Astucieusement couplé avec Argerich, ce qui va compliquer la tâche des mélomanes de bonne volonté pour trouver des places abordables, en revanche. CONTEMPORAIN ¶ Soirée Dutilleux : Métaboles, Mystères de l'Instant, L'Arbre des Songes, avec l'Orchestre National des Pays de Loire (pas une grande formation pour le son, mais en général très intéressante dans ce répertoire !). ¶ Rothko Chapel de Feldman au milieu d'un programme hétéroclite. ¶ El Niño d'Adams enfin de retour en France, ave le LSO dirigé par le compositeur. ¶ Sept Dernières Paroles du Christ en Croix de MacMillan. ¶ Kein Licht de Manoury, nouvel opéra financé par le micro-mécénat façon crowdfunding. (Favart) ¶ Geek Bagatelle de Cavanna, avec l'Orchestre de Picardie et le Chœur de Smartphones d'Abbeville. LIED & MÉLODIE Comme à chaque fois, entièrement concentré sur un week-end : Bauer dans le Schwanengesang, Schumann par Gerhaher, Omo Bello dans la Bonne Chanson, Immler dans les classiques, Nigl dans un programme de Monteverdi à Xenakis incluant percussions. INTERPRÈTES Martha Argerich, vu le nombre d'occurrences, doit désormais résider à Paris. Un récital français de Sabine Devieilhe avec Les Siècles, un autre, plus rare, d'Amel Brahim-Djelloul avec Pasdeloup. Leonskaja dans le Cinquième Concerto de Beethoven. Et pour le TCE, peu ou prou 100% des glottes à la mode : Yende, Kurzak, Fleming, DiDonato, Bartoli, Dessay, von Otter, Lemieux, Jaroussky, Fagioli, Flórez, Alagna, Kaufmann… (Pas de voix graves, vous aurez remarqué : même les mezzos sont sopranisants !) AUTRES ¶ Nombreux concerts participatifs (Bach, Carols de Britten…) avec ateliers afférents. ¶ Deux reprises de créations récentes (l'une d'Adwan que je trouve médiocre, l'autre de Czernowin qui sera créée quelques semaines auparavant à Amsterdam). -- Et ce n'est que le début de l'avalanche… On pourra difficilement se plaindre de l'offre, tout de même – enfin, il y a toujours des répertoires (le lied…) plus mal servis que d'autres, mais en fouinant bien, sauf à exiger de l'opéra postromantique scandinave, on trouve pas mal de choses au fil de la saison dans de plus petites salles.

Jefopera

10 février

Opéra de Paris Saison 2016 2017

Ca y est, le voile est levé sur la prochaine saison de l’Opéra de Paris. Lequel, c’est une grande nouvelle, renoue avec la création. Commandé par l’institution au compositeur Luca Francesconi , Trompe-la-mort sera présenté au Palais Garnier, avec Julie Fuchs et Cyrille Dubois, sous la direction de la chef d’orchestre Susanna Mälkki. Du côté des nouveaux spectacles, on assistera cette saison à la première entrée du chef Leonardo Garcia Alarcon et du metteur en scène Thomas Jolly à Garnier, dans Eliogabalo de Francesco Cavalli.  http://jefopera.blogspot.fr/2016/02/heliogabale-drama-queen_6.html Absent des programmations depuis 1991, Samson et Dalila de Saint-Saëns sera joué à Bastille sous la direction de Philippe Jordan. Anita Rachvelishvili y interprétera Dalila tandis que Samson sera incarné par Aleksander Antonenko, mise en scène de Damiano Michielettho.  Jonas Kaufmann chantera Lohengrin en janvier et février 2017, puis Hofmann, dans une reprise de la mise en scène de Robert Carsen des Contes d'Hoffmann.  Enfin débarassée de Paillasse, c’est avec Sancta Susanna de Paul Hindemith que sera associée Cavalleria Rusticana. Il s’agit d’une entrée au répertoire pour l’opéra d’Hindemith, dans lequel Anna Caterina Antonacci chantera, ou plutôt incarnera le rôle-titre.  http://jefopera.blogspot.fr/2015/07/orgasmes-lopera-sancta-susanna-66.html Une nouvelle Carmen, mise en scène par Calixto Bieito, sera donnée une première fois en mars-avril 2017, avec reprise en juillet et diffusion sur écran géant Place de la Bastille. Roberto Alagna et Elina Garanca seront bien sûr très attendus.  Cosi fan Tutte sera donné au Palais Garnier, sous la direction de Philippe Jordan et dans une mise en scène et une chorégraphie de Teresa de Keersmaeker. Surprise de mise en scène également avec une Cenerentola de Rossini mise en scène par Guillaume Gallienne -auquel on avait d'abord pensé pour le rôle titre.  Du côté des reprises, la récente Tosca de Pierre Audi (2014), servie par Anja Harteros et Liudmyla Monastyrska en alternance, et Marcelo Alvarez en Mario. Puis Lucia di Lamermoor, dans la mise en scène d’Andrei Serban, avec Artur Rucinski en Enrico ; Pretty Yende et Nina Minasyan seront en alternance dans le rôle de Lucia. Deux autres reprises : Iphigénie en Tauride dans la mise en scène décoiffante de Warlikowski, avec Véronique Gens en Iphigénie, Etienne Dupuis en Oreste et Stanislas de Barbeyrac en Pylade, et La Flûte Enchantée dans celle de Robert Carsen, avec de nouveau, on s'en réjouit d'avance, Stanislas de Barbeyrac et Sabine Devieilhe. Deux autres reprises : Rigoletto, avec Vittorio Grigolo et Wozzeck, dans une mise en scène de Christoph Marthaler. J'allais oublier, du côté des créations, l'entrée au répertoire de La Fille de Neige, ni libérée ni délivrée car il s'agit de l'opéra de Rimski-Korsakov. Ici avec Anna Netrebko :



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21 janvier

Werther de Massenet à l’Opéra-Bastille

Piotr Beczala (Werther) & Elīna Garanča (Charlotte) / © Emilie Brouchon (Opéra National de Paris) Deux soirées de suite, qui nous font retrouver l’opéra comme un genre civilisé, deux spectacles bien élevés ! C’est presque trop de bonheur. Nul doute qu’assez prochainement quelque metteur en scène pervers ne nous le fasse payer au prix de la mode, c’est-à-dire cher. On a dit le bien qu’on pensait de Noces à Versailles, venues de Drottningholm et mises en scène par Ivan Alexandre où, divine surprise, on voit Da Ponte en même temps qu’on entend Mozart. Piotr Beczala (Werther) & Elīna Garanča (Charlotte) / © Emilie Brouchon (Opéra National de Paris) La surprise n’en est pas vraiment une avec Werther, dont voici la deuxième reprise après son assez magique création il y a six ans, avec un Jonas Kaufmann faisant sensation dans le rôle titre. D’emblée la mise en scène de Benoît Jacquot s’imposait comme celle d’un homme de tact et de goût, laissant opérer l’allusion, la demi-teinte, le demi-mot qui font ici l’essentiel du charme lyrique singulier qui n’est qu’à Massenet. Werther a eu de la chance à Bastille, Sophie Koch offrant d’abord son portrait de Charlotte douloureux et discret, et Roberto Alagna prenant la suite de Kaufmann avec des qualités tout autres, mais tout aussi gagnantes. Piotr Beczala (Werther), Stéphane Degout (Albert) / © Emilie Brouchon (Opéra National de Paris) On pouvait craindre beaucoup pour cette reprise. La qualité du son orchestral, son moelleux et ses diaprures, sa morbidezza aussi, sont un élément essentiel chez Massenet, et ici plus que n’importe où ailleurs : et Michel Plasson s’y entend mieux que quiconque. C’était une chance de pouvoir le récupérer après la défection d’Alain Lombard, qui décommande hélas pour raisons de santé tout ce qu’on espère qu’il entreprendra encore. Las ! Déjà en répétitions, Plasson a glissé sur un sol gras et s’est cassé le fémur. Où et comment lui trouver un remplaçant ? Il était sur place, s’apprêtant à reprendre, à Bastille même, la récente nouvelle production du Barbier. Nos jeunes et fringants chefs sont hommes à tout faire, certes, mais on attendait peu d’un Signor Sagripanti étiqueté rossinien qu’il se débrouille d’un tissu symphonique aussi spécifique que celui de Werther. Athlétique, souple et précis, et destiné à plaire, Giacomo Sagripanti a très vite appris sa leçon, très aidé, il est vrai, par le fait qu’un orchestre exemplaire, qui l’a apprise avec les meilleurs, la lui dictait à son tour. Sur scène comme dans la fosse, il est réconfortant de voir que les richesses peuvent s’investir, et n’être pas gaspillées en coups ; et qu’une reprise peut valoir une première, du moment que celle-ci a été conçue pour durer, demeurer, rester fraiche comme l’œil, et même faire exemple. Mission accomplie. Piotr Beczala (Werther), Elena Tsallagova (Sophie), Stéphane Degout (Albert) / © Emilie Brouchon (Opéra National de Paris) Il faut dire que le renouvellement du cast en l’occurrence est exemplaire. On n’a pas touché, Dieu merci, à l’Albert de Stéphane Degout, incomparable de netteté, de sobriété, de maîtrise ; grand chanteur qui fait éclater de toutes parts les coutures de l’emploi plus modeste auquel il se confine ici. On avoue aimer moins la Sophie de celle qui fut sa Mélisande tant de fois, Elena Tsallagova, qui semble précisément avoir gardé un peu de l’empois, des raideurs de cette incarnation (merveilleuse) un peu figée par Robert Wilson. Mais ce n’est là qu’une nuance. Les Alsaciens (Rodolphe Briand et Lionel Lhote), le Bailli (Paul Gay) nous font un parfait ensemble de comprimarii mais c’est évidemment sur le couple Werther/Charlotte que se concentraient attentes et même (on est à l’Opéra, que diable !!) fantasmes. Disons-le tout de suite, Elīna Garanča est la moins fantasmatique des créatures d’opéra possibles, charnelle et positive, sobre, douée depuis toujours d’une voix du Bon Dieu qu’on a entendue étinceler en Cenerentola et flasher (mais pieds sur terre, toujours) en Carmen. Sa Charlotte n’aura jamais l’aura proprement française qui est si peu payante, et si peu passe-partout, mais qui fait les Charlottes vraiment mémorables. Il n’est d’ailleurs pas convenable qu’au stade de carrière où elle se trouve, qui est le top même, son français, entièrement acceptable mais passe-partout, ne soit pas plus poétiquement parfait. Mais comment résister à cette grande belle saine voix, si riche d’étoffe, et qui s’épanouit si librement en scène ? Ovation il y eut, et méritée. Pourtant celle qui allait à Piotr Beczala est d’autre sens. Elle ne va pas à la splendeur de la voix seulement, quoique le timbre en soit par lui-même superbe, et la ligne, le modelé du cantabile, les ressources d’aigu suffisent à un triomphe passe-partout, comme la mondialisation en somme les réclame. Il y a plus dans son Werther, très au-dessus du Faust d’ailleurs excellent qu’il nous a récemment donné. Il y a une qualité de sensibilité, une façon d’éclairer les mots de l’intérieur (et ils sont beaux, et ils comptent dans Werther), une façon de refléter le son de l’orchestre et de s’y marier dans son propre chant, qui sont tout à fait exceptionnels. Ces allègements de la substance sonore, qui ne la font que plus pénétrante ; cette intériorisation d’âme ; cette mélancolie noble : quelle qualité mondiale, et pourtant purement (par le style) française ! Elīna Garanča (Charlotte), Paul Gay (Le Bailli), Piotr Beczala (Werther) / © Emilie Brouchon (Opéra National de Paris) Opéra-Bastille, le 20 janvier 2016

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